24 janvier 2005

Dan Bigras

Produit musical brut

Steve Bergeron

La Tribune

Sherbrooke

O.K.! O.K.! C'est beau! On le sait! Dan Bigras avait dit il y a quelques années qu'il en avait assez de la musique, que c'était fini, qu'il se retirait. Comment se fait-il donc que la brute de scène devenue adepte des arts martiaux, acteur puis cinéaste s'offre une tournée de spectacles en solo jusqu'au printemps?

Parce que la donne a changé. Cette fois, pas de nouveau disque à offrir. Donc, pas de tournée de promo, pas d'entrevues à la télé, pas de pression pour vendre des galettes et des billets. Un spectacle juste pour le fun. Juste, juste ça. Voilà qui n'est pas du tout pareil.

"Quand j'ai arrêté les shows, je me suis fait engueuler par les amis. Pourquoi j'étais si draconien, comme si j'entrais en religion, comme si j'avais développé une allergie? Finalement, je n'ai décroché que 18 mois. Tu peux lâcher la musique, mais la musique, elle, ne te lâche pas."

Ces vacances créatives restaient nécessaires. Avant d'avoir de nouvelles choses à dire en chanson, il fallait d'abord les vivre. Mais quand le besoin de revenir s'est fait impérieux, Dan est remonté seul sur scène comme un grand garçon. À peine s'est-il acoquiné avec un sonorisateur et un éclairagiste.

"Tout à coup, je n'avais plus de maudit trac. Aucune pression, juste le sens du plaisir. Je suis encore en sueurs à la fin du spectacle, mais tellement détendu! Quand tu lances un disque, c'est autre chose: il y a une grosse machine qui coûte cher derrière toi. Mais si je remonte dans ce bateau-là un jour, je vais me rappeler la présente tournée, tu peux être sûr!"